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Charte

Charte humanitaire du patrimoine

L’association Patrimoine sans frontières est une association à but non lucratif de droit français, régie par la loi ayant vocation à intervenir à la suite de situations de crise. Créée en 1992, et forte de vingt ans d’expérience, elle a ressenti le besoin d’exprimer son objet et ses valeurs sous la forme de la présente charte à destination de tous : mécènes, adhérents, salariés, partenaires…

Article 1er. - Identité culturelle

“La reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde [1]”. Elle couvre le respect non seulement de son intégrité physique et psychique, mais aussi de son identité individuelle et collective. Or, les identités collectives ne se définissent pas seulement par des territoires, des institutions, des biens matériels, mais aussi par des cultures : histoires, traditions, langues, littératures, musiques, oeuvres d’art, savoir-faire, architectures…

Aussi, “toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent [2]”, et “le droit au patrimoine culturel est inhérent au droit de participer à la vie culturelle, tel que défini dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. [3]

Respecter la dignité de l’homme, c’est aussi préserver son patrimoine culturel.

Article 2. - Universalité et diversité

“Le patrimoine culturel constitue un ensemble de ressources héritées du passé que des personnes considèrent, par-delà le régime de propriété des biens, comme un reflet et une expression de leurs valeurs, croyances, savoirs et traditions en continuelle évolution. Cela inclut tous les aspects de l’environnement résultant de l’interaction dans le temps entre les personnes et les lieux. [4]” C’est donc un legs matériel et immatériel d’oeuvres, de savoirs, de savoir-faire et de pratiques produits par les hommes et préservés dans le temps ;

Sa diversité reflète celle des cultures, des générations et des intérêts particuliers qui ont influencé sa production, et qui ont chacun une valeur singulière. Elle témoigne aussi du génie et de l’inventivité de l’homme, ce qui lui confère en elle-même une valeur universelle.

Chaque homme est ainsi cohéritier du patrimoine mondial.

Article 3. - Déshérence

La défense du patrimoine est toujours humaniste ; elle est humanitaire lorsqu’elle s’applique aux plus déshérités, dont le patrimoine est principalement culturel.

ces situations de déshérence consistent dans la déconsidération du patrimoine par ses héritiers naturels. Elles trouvent leur origine dans des maux de toute espèce : catastrophes naturelles, conflits armés, extrême pauvreté… S’y ajoute souvent un lot d’injustices : oppression active, culture interdite, mémoire déniée…

La solidarité entre les indivisaires du patrimoine donne à chaque homme une part de responsabilité pour réparer ces situations.

Article 4. - Conservation et réappropriation

En pareil cas, l’urgence est de restituer une part d’identité collective, et d’en permettre la réappropriation par ses dépositaires naturels. Les éléments patrimoniaux retenus doivent donc être choisis en plein accord avec les populations concernées, et le projet doit à la fois prévoir le réinvestissement de sens dans les éléments restitués et préparer la prise de responsabilité locales pour les faire vivre durablement.

Article 5. - Création artistique

Une voie privilégiée pour cela est une réactualisation du patrimoine impliquant le pouvoir créateur de l’homme, toujours latent même dans les pires conditions. L’inspiration d’artistes locaux et éventuellement étrangers demeure toujours capable de ré-enchanter les vestiges, d’en faire des passerelles entre passé, présent et avenir.

Article 6. - Développement durable

“La conservation du patrimoine culturel et son utilisation durable ont comme but le développement humain et la qualité de vie. [5]”Rétabli dans sa dignité, l’homme peut puiser en lui-même la force de vivre à nouveau. Restaurée dans une culture appuyée sur un patrimoine historique, la communauté peut se rassembler autour d’un sens commun pour entreprendre un nouveau développement social et économique à long terme. L’accompagnement peut alors devenir compagnonnage.


[1Préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme (10 décembre 1948).

[2Article 27 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (10 décembre 1948).

[3Article 1er de la convention-cadre du Conseil de l’Europe sur la valeur du patrimoine culturel pour la société (Faro, 27 octobre 2005).

[4Article 1er de la convention-cadre du Conseil de l’Europe sur la valeur du patrimoine culturel pour la société (Faro, 27 octobre 2005).

[5Ibidem